Culture Japon : Le système éducatif

Culture Japon : Le système éducatif
 
         Le système éducatif japonais est différend à bien des égards de celui français. C'est durant l'Ère Meiji (1868 - 1912) que le Japon a vu son système éducatif voir le jour.
 
         L'éducation est à la charge du Ministère de l'Éducation, de la Culture, des Sports, de la Science et de la Technologie (Monbu-kagaku-shô 文部科学省) et du Bureau de l'enseignement supérieur. Toutefois, beaucoup d'éléments sont gérés localement par les préfectures et communes via les Comités d'éducation. Le but du système éducatif japonais est avant tout de transmettre à tous des notions de développement personnel (bien évidemment le développement des connaissances n'est pas délaissé pour autant) tel que le respect d'autrui et de la nature, le patriotisme, l'égalité hommes-femmes, le respect des traditions, la créativité, l'importance du travail, la vie en communauté, etc. Les taux de scolarisation et d'alphabétisation y sont de quasiment 100%. En France, le taux de scolarisation se situe entre 80 et 85% et le taux d'alphabétisation est de 99%. La scolarité est quand à elle obligatoire de 6 à 15 ans contre de 6 à 16 ans en France.
         L'année scolaire japonaise débute en avril, elle se déroule soit en trimestres soit en semestres. Le premier trimestre se termine en juillet avant les vacances d'été qui durent un mois et demi. Le second trimestre se déroule quand à lui de septembre à décembre et s'enchaîne avec deux semaines de vacances. Enfin le dernier trimestre a lieu de janvier à mars avant deux ou trois nouvelles semaines de vacances. Les semestres se déroulent d'avril à septembre puis d'octobre à mars. Les années scolaires sont donc séparés par uniquement deux ou trois semaines de vacances. L'année scolaire est ainsi organisée, car elle est accordée avec la date de fin du budget annuel national japonais.
 
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K-ON!

         L'école maternelle (yôchien 幼稚園) est comme en France non obligatoire et inclut les enfants de 3 à 6 ans, cependant elle est payante. Environ 60% des écoles maternelles sont privées, elles coûtent environ 450 à 550 euros par mois. Les écoles maternelles publiques qui sont donc d'environ 40% coûtent moins cher soit entre 175 et 275 euros par mois. Pour les mêmes âges nous trouvons aussi des crèches, des garderies et des jardins d'enfants qui proposent à peu près les mêmes tarifs. En moyenne, 80% des enfants en maternelle sont inscrits dans le privé et à peu près 63% des enfants japonais vont à l'école maternelle.
En maternelle, les enfants commencent à apprendre les hiragana, les katakana et les nombres, mais aussi découvrent l'enseignement musical. Cela se déroule par une succession d'activités qui bien qu'ayant un but éducatif n'oublie pas le côté amusement. Il y a aussi des petits événements saisonniers comme le jour du sport (Undôkai 運動会).

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Card Captor Sakura

         L'école primaire (shôgakkô 小学校) dure 6 ans et inclut les enfants de 6 à 11 ans. Contrairement à l'école maternelle, toutes les écoles primaires publiques sont gratuites. De ce fait, seul 1% des élèves de primaire sont inscrits dans le privé. Il n'y a que peu de frais en primaire par rapport aux autres niveaux, car les livres proviennent de l'établissement et qu'il ait rare que le port de l'uniforme y soit obligatoire. Par contre les élèves possèdent généralement tous un randoseru (ランドセル), un sac à dos rigide. De plus, mêmes les élèves étrangers ont accès à l'école primaire japonaise gratuitement.
         Les cours ont lieu du lundi au vendredi (voir le samedi pour les écoles primaires privées), la journée de cours commence à 8H30 et fini à 15H30 (pour environ 25 heures de cours hebdomadaires) et les cours durent 45 minutes. Les classes (qui comptent en moyenne entre 25 et 30 élèves) ont des pauses de 5 à 10 minutes entre chaque cours. La pause repas est quand à elle de 1H10. Au déjeuner, les élèves mangent le kyûshoku (給食) un repas qui changent selon la saison mais qui inclut généralement du riz et une brique de lait ou ils peuvent apporter un bentô (panier-repas 弁当) préparé à l'avance. Les élèves mangent dans leur classe avec leur professeur. Cela peut paraître étrange, mais il s'agit d'un moyen de consolider les liens entre élèves-professeur, ce dernier ayant à la fois un rôle de mentor et de confident . De la même façon, les parents sont très impliqués dans l'organisation de l'école et participent autant à des réunions qu'à des événements. A la fin de la journée de cours, il y aussi les activités de club. Celles-ci ne sont pas obligatoires, mais fortement recommandés. Le nombre d'élève ne faisant pas parti d'un club est très faible.
         Durant ces six années, ils étudient le japonais, les mathématiques, la calligraphie, la musique, l'art plastique, le sport, le civisme et les arts ménagers. De plus, il y a un grand nombre de devoirs à la maison (que les élèves font généralement à l'école après la fin des cours) ainsi-que des devoirs de vacances tel que des cahiers d'exercices ou un rapport (même pendant les vacances les élèves japonais prennent beaucoup de temps pour étudier). Et il y a également les taches quotidiennes. Chaque semaine ils se répartissent les tâches pour nettoyer leur classe et d'une manière générale l'école. Il n'y a effectivement pas de personnel chargé du ménage dans les écoles japonaises. C'est aux élèves qu'incombent ce travail, un exercice qui leur permet d'apprendre à s'organiser, prendre soins des choses et donc à se responsabiliser. D'un autre côté, il y a un certain nombre d'événements comme un marathon annuel, des compétitions sportives et artistiques, sorties scolaires, etc. En école primaire, le système de notation n'est pas basé sur les notes, mais avant tout sur la volonté de l'élève de travailler et s'améliorer.

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Puella Magi Madoka Magica

         Le collège (chûgakkô 中学校) dure 3 ans et inclut les élèves de 12 à 14 ans, il s'agit de la dernière école obligatoire. De la même manière que les écoles primaires, les collèges publics sont gratuits et environ 7% des collégiens sont inscrits dans le privé. Cependant il y a plus de frais, car au collège le port de l'uniforme est obligatoire dans presque tous les établissements. Les garçons portent le gakuran (学ラン) ou le tsume-eri (詰襟) et les filles le sailor fuku (セーラー服), sans oublier la tenue de sport spécifique. Le but de l'uniforme est de mettre tous les élèves sur un pied d'égalité. Bien qu'en France le port uniforme n'est pas quelque chose d'apprécier par les élèves, il l'est au Japon, car c'est aussi un moyen pour ces derniers d'afficher fièrement les couleurs de leur école. En effet, au Japon, faire parti de telle ou telle école est un prestige et les élèves veillent à la bonne réputation de leur établissement autant lorsqu'ils y sont qu'en dehors. Comme pour l'école primaire, les élèves étrangers peuvent aller au collège public gratuitement.
         Le collège a quelques différences avec l'école primaire et responsabilise encore plus les élèves qui sont désormais entre 30 et 35 par classe. Les horaires sont dès lors de 8H30 à 16H00 et les cours durent 50 minutes. La journée se poursuit ensuite de la même manière avec les activités de club, les tâches quotidiennes et les devoirs. Enfin, les enseignements sont les mêmes, mais avec en plus de l'anglais. Toutefois, la journée d'un collégien ne se terminent pas forcément après qu'il soit sorti de l'école, car une majorité d'élèves du secondaire prend des cours préparatoires nommés juku (). Il s'agit de cours du soir, de cours à domicile ou encore de cours à distance. Ceci n'est pas obligatoire, mais en prendre montre la volonté de l'élève de réussir ses études et permet à celui-ci de se préparer aux examens de fin d'année. Le système évaluatif est désormais basé sur des pourcentages de bonne réponses, les évaluations ont donc bien plus d'importances qu'auparavant. Généralement, ces évaluations ont lieux sous forme de questionnaire à choix multiples ou QCM.
         Des événements supplémentaires ont lieu au collège comme la Fête de la culture (Bunkasai 文化祭). C'est l'occasion pour chaque classe de tenir un stand ou d'organiser une activité durant le ou les jours où est célébrer cette fête. Cela demande un énorme travail d'organisation, mais c'est l'occasion pour les élèves d'apprendre à travailler en communauté et de partager leur travail avec autrui. Et il y aussi les voyages scolaires qui permettent aux élèves de découvrir les différentes villes de leur pays comme Tokyo (東京), Kyoto (京都市) ou Okinawa (沖縄), mais ils peuvent aussi parfois partir à l'étranger.
         C'est aussi au collège que commence les relations kôhai (後輩) / senpai (先輩). Il y a effectivement un grand respect entre les kôhai qui sont les cadets et les senpai qui sont les aînés. Les kôhai doivent respect à leur senpai et les senpai se doivent de veiller sur leur kôhai et de leur montrer l'exemple.
         A la fin du collège il n'y a pas comme en France le Brevet, mais il y a le juken (受験), l'examen d'entrée au lycée. Effectivement, pour entrer au lycée il faut passer un examen, qui est généralement bien plus difficile que la scolarité dans son ensemble (bien-sûr la difficulté dépend aussi du lycée visé). C'est pour cette raison que les élèves doivent travailler intensément et même prendre des cours supplémentaires s'ils veulent entrer dans un lycée prestigieux.

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K-ON!

         Le lycée (kôtôgakkô 高等学校) dure 3 ans et inclut les élèves de 15 à 18 ans. Bien que le lycée ne soit pas obligatoire, il est rare que les élèves stoppent leurs études avant celui-ci (90% des japonais terminent le lycée). Le lycée n'étant pas obligatoire, il n'est pas gratuit. En moyenne un lycée public proposent des tarifs autour de 1100¤ par an et un lycée privé des tarifs proche de 6500¤ par an. De plus, il y aussi tous les frais supplémentaires avec les fournitures, l'uniforme ou encore le déjeuner. Tout comme au collège, le port de l'uniforme est presque toujours obligatoire. Il y a différents types de lycée, les lycées d'enseignement général, les lycées professionnels, les lycées agricoles, industriels ou commerciaux et quelques autres lycées spécialisés.
         La journée d'un lycéen s'organise de la même manière qu'au collège, avec d'abord les cours (qui peuvent parfois dépassé 30 heures par semaine), puis les activités de clubs, les tâches quotidiennes et les juku (). Il y a bien évidemment toujours les événements saisonniers tel que le Bunkasai (文化祭) ou les voyages scolaires. La différence assez notoire est en fait celle de la pause déjeuner. Au lycée il n'y a pas de kyûshoku (給食) et il n'y a que rarement un restaurant scolaire, les élèves amènent donc leur bentô (弁当) ou peuvent acheter des pains fourrés ou encore des onigiri (おにぎり ou 御握り) dans un petit magasin au sein de l'école qui vend des fournitures et de quoi se restaurer.

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Nisekoi

         Pour ce qui des enseignements, un lycée général propose quelques options et les élèves doivent choisir de rejoindre la section scientifique ou la section littéraire en deuxième année. Cependant, ce choix ne détermine pas forcément l'orientation définitive d'un élève, car c'est la dernière année qu'il choisit réellement ce qu'il fera.
          La dernière année de lycée n'a pas pour objectif d'obtenir l'équivalent d'un Baccalauréat, mais de réussir à entrer dans une université ou un autre établissement d'études supérieurs. Effectivement, pour entrer dans un établissement d'études supérieurs il faut passer un autre juken (受験), le nombre de ces examens et leur difficulté dépendent des établissements. Bien qu'obtenir un diplôme d'études supérieur est important pour trouver un emploi, 97% des élèves stoppant leur études après le lycée et cherchant un emploi se font embaucher. En moyenne 57% des japonais font des études supérieurs.

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Golden Time

         Les études supérieures se font dans des écoles professionnelles (senmongakkô 専門学校) ou dans des universités (daigaku 大学). Les écoles professionnelles proposent un enseignement spécialisé qui dure généralement deux années. Les universités qui sont plus nombreuses se répartissent en trois catégories et proposent plusieurs niveaux d'études.
Les universités nationales (kokuritsu 国立) sont les plus prestigieuses. C'est elles qui nécessitent de passer le plus d'examens et bien évidemment ces derniers font partis des plus difficiles. Les universités privées (shiritsu 私立) ne nécessitent pas de passer autant d'examens, mais demandent malgré tout un certain niveau. L'avantage de ces universités est qu'elles ont généralement des partenariats avec les lycées privés, il est donc possible d'y entrer par recommandation (suisen 推薦). Ces recommandations sont à places limitées et il faut en faire la demande durant les années de lycée. Est pris en compte le niveau scolaire de l'élève, ses activités (clubs, juku (), etc), les établissements où il a été, etc. Enfin, les universités publiques (kôristu 公立) ont en moyenne un niveau supérieur que les universités privées (hors les plus prestigieuses) et donc nécessitent aussi des examens d'entrée (il n'y a pas de système de recommandation dans ces dernières).
         Les frais universitaires sont les plus importants de la scolarité d'un japonais. Ils sont d'environ 4500¤ à plus de 45 000¤ l'année selon les établissements sans oublier en plus les frais d'inscription, les fournitures, la nourriture, le logement (beaucoup de jeunes japonais emménagent seuls dans les grandes villes pour poursuivre leur études), etc.
         Il y a trois niveaux dans les universités, la licence (gakushi 学士) qui s'obtient en quatre ans, le master (shûshi 修士) qui s'obtient en deux ans après obtention de la licence et le doctorat (hakase/hakushi 博士) qui s'obtient en trois ans après obtention du master. Les cours sont sélectionnés par l'élève selon la filière qu'il a choisi (il y a des cours obligatoires et des cours optionnels) et son but sera d'atteindre un certain nombre de crédits pour obtenir son diplôme. Les crédits s'obtiennent par les heures de travail, ce qui est assez confus puisque cela inclut autant les heures de cours que le travail personnel. Ce nombre d'heures est ensuite combiné aux résultats des examens et délivre ainsi un certain nombre de crédits. Il y a aussi des systèmes particuliers qui permettent de compenser des crédits non obtenus dans telle ou telle matière. L'important est d'atteindre un certain nombre de crédits par an ou à la fin du cursus, par exemple il faut accumuler au moins 124 crédits pour obtenir une licence.
         La vie universitaire se partage entre les cours et les clubs. Effectivement, les universités possèdent un nombre immense de clubs (pour les plus grandes universités il peu y avoir plus de 3000 clubs), il y en a plusieurs par domaine chacun possédant une organisation et un rythme différend. A chaque rentrée universitaire, les représentants des clubs attendent impatiemment les nouveaux étudiants pour qu'ils rejoignent le leur. Un plus grand nombre de membre est effectivement un moyen d'obtenir une officialisation de la part de l'université. Cette officialisation qui s'obtient sous certaines conditions offre des avantages non négligeables pour les clubs qui possèdent cette mention, d'où cet acharnement pour obtenir des nouveaux membres.
Durant la dernière voir les deux dernières années d'études universitaire, les étudiants se consacrent à la recherche d'emploi en participant à des stages, envoyant des dossiers de candidatures, passant des entretiens d'embauches, etc. Cette période de recherche d'emploi se nomme shûshoku-katsudo (就職活ど).
 
         Le système éducatif japonais pousse les élèves vers deux voies, celle de l'élitisme et celle de la communauté. Effectivement, il est très important pour les élèves japonais d'obtenir les meilleures notes possibles. L'avantage de ce système est bien évidemment que les élèves apprennent que travailler est nécessaire pour obtenir de meilleurs résultats, cependant le désavantage est que d'un autre côté ils subissent une grande pression et qu'un très grand investissement financier est nécessaire pour aller dans les meilleures écoles et prendre des cours supplémentaires. L'aspect communautaire du système éducatif japonais se ressent dans tous ces éléments. A commencer par les cours qui tentent de donner des notions de solidarité et respect envers autrui comme envers l'environnement ; les taches collectives qui permettent d'apprendre à travailler en groupe et de profiter avec tous du travail accompli ; les relations de confiance entre le professeur et ses élèves ; les activités de club qui sont l'occasion de se faire des amis et de partager ses loisirs et passions, etc. Au Japon, l'école n'est pas qu'un lieu d'apprentissage où il est nécessaire d'aller, c'est un véritable lieu de vie et d'échanges où y aller est une occasion de se développer autant intellectuellement que personnellement.

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